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La
musique touarègue après le succès international de Tinariwen
Par Marta Amico - 2010 (texte extrait de la compilation "Ishumar 2 - Nouvelles Guitares Touarègues")
« Tant qu'il y aura la guitare des Tinariwen, nous continuerons à lutter », murmure un musicien touareg un matin, à l’aube, pendant qu’il prépare scrupuleusement le deuxième des trois thés denses et amers qu’il m’offre dans sa cour, devant les premières dunes de Tombouctou. Tinariwen, ce groupe provenant de la région de Kidal dans l’extrême Nord du Mali, à la frontière avec l’Algérie, n’a plus besoin d’être présenté. Exilés en Libye puis combattants de la rébellion touarègue dans les années 1990-95, ses fondateurs introduisirent dans le Sahara un nouvel instrument et un répertoire inédit, qui donnèrent la parole à une génération à la recherche de repères, dans un monde bouleversé par un siècle de colonisation, suivi par des décennies de tension avec les états nationaux. Dans un contexte social et politique extrêmement complexe, le groupe Tinariwen fut l’initiateur d’une révolution musicale qui entraina un renouvellement des formes artistiques et des pratiques sociales de la musique, à partir des villes du sud algérien et libyen, où les Touaregs étaient réfugiés, exilés politiques ou migrants saisonniers du travail. Introduire la guitare comme instrument soliste et s’affranchir des règles et des codes de la musique traditionnelle jouée avec l’imzad (vielle monocorde) ou le tindé (tambour sur mortier) furent la traduction de rapides transformations qui affectèrent la culture touarègue et se firent l’écho de nouveaux messages sociopolitiques. La reconnaissance internationale En 1998, après la fin d’une rébellion où ses membres furent en première ligne dans les territoires du Mali et du Niger, Tinariwen fut découvert par le manager français Philippe Brix et par son groupe Lo’Jo. Ce fut le début d’une carrière internationale fulgurante, qui amena les musiciens du désert vers un succès mondial jusque là inédit pour des Touaregs. Le répertoire fut habilement adapté aux nouvelles scènes et les morceaux reformulés pour les rendre séduisants aux oreilles occidentales. En même temps, la rhétorique de la World Music profita du militantisme touareg pour promouvoir le mythe des rebelles avec fusils et guitares. Une touche de baguette magique, un rapide rafraîchissement des turbans imprégnés de la poussière du désert, et l’industrie musicale occidentale transforma des anciens combattants en stars internationales. Aujourd’hui, une décennie après ses débuts en Europe, Tinariwen a enregistré quatre albums studio, effectué des rencontres avec des grands noms de la pop et du jazz comme Robert Plant, Carlos Santana ou Herbie Hanckok, participé à des tournées dans le monde entier, jusqu’à se produire lors de l’ouverture de la coupe du monde de football en Afrique du Sud, en juin 2010.
Ayant su émerger des sables du désert et se mettre à l’aise sous les lumières de la scène, Tinariwen est devenu à la fois icône du peuple Touareg dans le monde et modèle incontournable pour les jeunes générations restées au pays. Sa trajectoire multidirectionnelle, qui dépasse les codes anciens et s'articule entre le Sahara et l'Occident, sans se trahir ni créer de fracture, reflète bien celle d’un peuple qui cherche un nouveau positionnement face à des transformations rapides et inéluctables dans son rapport à son territoire et dans son mode d'existence.
Encore loin d’être passé de mode, le genre musical produit au Sahara et exporté dans le monde par Tinariwen, cette fameuse musique créée et lancée par les ishumar dans les années 1980 et 1990 et appelée simplement « guitare » par les Touaregs, est aujourd'hui, plus que jamais, l'expression de la jeunesse touarègue et le son même de son combat. Ainsi le désert pullule-t-il de nouveaux groupes et mélodies. A Tombouctou comme à Kidal, à Tamanrasset comme à Agadez, il n’y a pas de nuit sur les dunes qui ne soit rythmée par de jeunes guitaristes qui entonnent leurs vers autour du feu, il n'y a pas de voyage en 4X4 à travers les immenses étendues de sables qui ne soit accompagné par des cassettes des chanteurs du moment. Mais si le style est né comme expression subversive d’un puissant désir de rébellion, la nouvelle génération est engagée dans un processus de prise de conscience du rôle nouveau des musiciens et de la musique au sein de la société-même et vis-à-vis de l’extérieur, au niveau tant de son potentiel artistique et commercial, que des messages qu'elle peut véhiculer, des différents publics qu'elle peut atteindre... et tout ce mouvement contemporain a évidemment des conséquences.
La musique comme voix d'un peuple Tout d’abord, les concepts d’auteur et compositeur entrent dans le vocabulaire d’un peuple qui avait jusque là considéré la musique comme une expression collective et non comme une propriété individuelle. Le « morceau » devient un objet à part entière, défini dans sa structure, sa date et lieu de naissance, son propriétaire, son texte, ses strophes musicales, son début et sa fin.
Ensuite, comme dans un jeu de miroir, suite au succès international d’un groupe venu du désert, le style de musique créé par les ishumar a acquis un statut autonome et une renommée en retour dans son pays. Le fait que des gens loin de leur monde soient intéressés par ce que font les Tinariwen, conférant ainsi à leur musique une valeur artistique et marchande, favorise un processus de patrimonialisation de la musique, qui est désormais reconnue et mise en valeur localement avant d'être exportée vers de nouveaux horizons. Maintenant les musiciens se considèrent comme des “artistes” qui peuvent aspirer à plusieurs scènes, conscients du rôle qu’ils peuvent jouer pour diffuser leurs messages au-delà des frontières de leur monde. A ce sujet, Ousmane Ag Moussa, leader du groupe Tamikrest, affirme que “nous sommes des artistes et à travers notre musique nous voulons envoyer des messages sur la situation de notre peuple”. Ibrahim Djo, guitariste de Aguel'hoc dans le Nord du Mali, insiste sur l’impact du succès de Tinariwen pour la reconnaissance internationale des Touaregs : “Ça change beaucoup car ça permet aux gens de connaître notre musique et notre culture. Mais ce qui n’a pas changé, c’est l’envie de faire passer des messages dans les chansons”. Et ces messages sont aujourd’hui reformulés car les musiciens touaregs ont bien compris que leur musique peut servir de moyen pour attirer un double public, chez eux et en Occident. Rissa Ag Wanaghli, guitariste nigérien du groupe Atri’n’Assouf, réfléchit sur les changements dus à l’élargissement du public de la musique touarègue : « Aujourd'hui, les artistes touaregs parlent toujours de leur culture et chantent pour l’union du peuple touareg. Ça, ça n’a pas changé. Mais ils ont fait évoluer la musique parce qu’ils ont permis de faire connaître notre culture à plus de gens. Par exemple, quand on joue en Europe, il y a des gens qui ne connaissent pas les Touaregs donc avant ou après les concerts, on en parle…Par contre, pendant la rébellion des années 1990 c’était seulement les Touaregs qui écoutaient cette musique».
Même dans ce nouveau contexte de mondialisation de la musique et des idées, la dimension politique des textes, qui était la raison d’être des chansons de Tinariwen dans la période de la rébellion, reste privilégiée. Mais maintenant les musiciens profitent consciemment d'un double canal pour attirer l'attention de leur communauté et du reste du monde sur les thèmes qui leur tiennent à cœur. Ainsi Moussa Bilalan Ag Ganta, guitariste nigérien résidant à Paris, explique à propos de son disque solo « Tchixene », enregistré pendant la rébellion du MNJ de la fin des années 2000 : « J’ai fait ce disque pour parler de la situation très grave au nord-Niger car tout le monde faisait semblant d’ignorer ce qu’il se passait et personne n’en parlait. Je ne suis pas un homme politique mais, en tant qu’artiste, j’ai la possibilité de parler de la situation dans mes chansons pour en parler aux gens. Je voulais que ce disque soit entendu comme un cri de douleur au nom de mon peuple ». Ousmane Ag Mossa, de Tamikrest, partage un même esprit de revendication quand il affirme que « quand j'étais élève et que je voyais la situation de notre pays, je rêvais d'être avocat ! Comme il m'était difficile de poursuivre des études, j'ai pensé que la musique pouvait jouer ce même rôle et me permettre de dire les mêmes choses. Donc, en général, ce qui me pousse à chanter, c'est ce qui fait mal à mon peuple et ce qui me fait mal en tant que personne. A travers ma musique je veux envoyer des messages au monde entier sur la situation de mon peuple. Il y a trop de situations cachées chez nous et les gens en Europe ne savent pas ce que nous subissons et ce que nous cherchons. Nous sommes ici pour une cause ». Ainsi, pour beaucoup de jeunes musiciens, la musique est un moyen d’évacuer la douleur et d'informer un public hétérogène sur les conditions de leur peuple. La sensibilisation est entendue comme une nouvelle forme de combat qui peut être menée tant de la scène saharienne que de celle de l'Europe.
Mais malgré le double destinataire et la double carrière que souhaitent entreprendre aujourd'hui les musiciens, la scène locale n'est jamais abandonnée. Les nouveaux groupes jouent chez eux à l’occasion des fêtes locales, des mariages, des soirées en brousse, pour les ONG ou aux festivals de musique qui depuis une dizaine d’années fleurissent un peu partout au Sahara. Le premier de ces festivals, le « Festival au Désert » de Tombouctou dans le Nord du Mali, est né en 2001 grâce à une fructueuse collaboration entre le groupe Tinariwen, le groupe français Lo’Jo et le manager Philippe Brix. Fréquenté chaque année par des centaines de touristes, de journalistes et de musiciens occidentaux, le festival a été une plateforme de lancement exceptionnelle pour certains groupes touaregs, tels qu’Etran Finatawa, Tamikrest ou Amanar. “Nous avons été appelés pour jouer au Festival au Désert en 2010”, se souvient Ahmed Ag Kaedi. “Amanar a gagné le prix révélation. Ma surprise a été grande quand le directeur du festival m’a appelé pour participer à un projet amenant pour la première fois mon groupe en Europe. Pour moi, ce qui est important, c’est d’avoir le public de Kidal en premier et de le garder. Mais j’ai envie de faire des choses chez moi et si venir en Europe peut être utile, je suis prêt à me déplacer”. C'est ainsi que, parallèlement aux concerts au Sahara, beaucoup de groupes cherchent une bonne opportunité pour suivre les traces des plus anciens et entreprendre une carrière internationale. Sur les 12 groupes présents dans ce disque seulement 4 n’ont jamais joué au delà de la Méditerranée, et cela ne parait pas impossible de les surprendre en train de chanter à Paris ou à Berlin dans les années à venir.
Dans ce va et vient de musiques et de musiciens, si certains cherchent à franchir le désert, d'autres souhaitent y retourner. Il s'agit de la diaspora touarègue en Europe, qui, ces dernières années, a créé une véritable scène parallèle, avec des groupes comme Kel Assouf, Rebel for Peace, Tiwitine, Atri n’Assouf ou encore Toumast, qui chantent leur désert depuis Paris ou Bruxelles et lancent leurs carrières à l’inverse, à partir de l’Occident. Ces musiciens ont monté des groupes en Europe avec d’autres musiciens non Touaregs, provenant d'Europe ou d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest, comme le Burkina Faso ou le Sénégal, et reviennent à leurs racines seulement après la reconnaissance internationale. Nomade comme ses protagonistes, la musique touarègue démontre ainsi pouvoir survivre à tout déplacement et à tout renversement de perspective, créée, produite et diffusée directement des métropoles européennes.
Jeunes musiciens, esthétiques renouvelées Ainsi, au désert comme à Paris, une vague de musiciens et de musiques se forge désormais sous l’empreinte des pères. Mais comme tous les mythes, celui de Tinariwen exerce une influence aussi bénéfique qu'encombrante. Si d’un coté les jeunes musiciens se reconnaissent dans le groupe qui a su créer une nouvelle manière de faire la musique, et en imitent orgueilleusement le style, ils sentent en même temps l’importance de se démarquer des contraintes du passé et de faire vibrer leurs morceaux par leur individualité. Beaucoup de musiciens sont engagés dans une recherche esthétique qui va marquer leur style d'une touche personnelle. Les choix sont très divers et souvent hardis. « J'aime avoir des idées musicales, alors j'aime écouter d'autres jouer pour m'influencer. Même avec du reggae, on peut faire nos chansons touarègues ! A Djanet, on trouve des cassettes des groupes occidentaux, et puis il y a l'internet depuis peu », explique Nabil Baly Othmani. Comme lui, beaucoup sont ceux qui choisissent de mêler leur musique à des genres différents : le rock, le blues, le reggae ou le rap. Le rap est un genre qui arrive doucement au désert, comme témoignent le morceau « Alghafiat » de Amanar, qui présente une partie « rappée », ou le répertoire du jeune groupe rap de Kidal, Taliwen, qui mélange français et tamashek et souhaite s'adresser « avant tout aux Touaregs, et ensuite seulement au reste de l'Afrique et à l'Europe ». D'autres groupes renouvèlent les instruments, en ajoutant la batterie, utilisée par exemple par Bambino, Tamikrest ou Amanar, ou d'autres instruments comme le clavier (Amanar), le violoncelle (Kel Assouf, Nabil Othmani), la boite à rythme (Azawakh, Adrar des Ifoghas) etc... D'après Ahmed Ag Kaedi, du groupe Amanar, « les nouveaux instruments sont introduits pour essayer et ne pas sonner comme les autres... L'État a donné un piano à la région, pourquoi ne pas l'utiliser ? On avait même essayé avec des cuivres. En matière de musique, tu peux tout essayer et ça peut marcher. Pareil pour la batterie, j'avais toujours rêvé de jouer avec de la batterie. Pour moi, le son n'est pas complet si tu n'as pas mis tout ce que tu as pu. Et ces innovations, peut-être que d'autres plus tard les reprendront et les amélioreront ». La musique de guitare telle que la jouent Tinariwen ou Terakaft est souvent perçue comme en continuité avec l’héritage ancien, car elle se base sur les rythmes de la tradition. Certains jeunes musiciens n'hésitent pas à renouveler le genre en s'éloignant de ces structures. « Maintenant on essaie de faire évoluer cette musique, mais sans changer le style ishumar. C'est-à-dire qu'on veut garder la même manière de jouer, le même état d'esprit mais en apportant quelques évolutions », affirme Bambino d'Agadez. Et Nabil Baly Othmani ajoute : « La musique ishumar a intégré des instruments modernes, mais les mélodies sont les mêmes que celles des chansons de tindé. Nous, on essaie de changer même la mélodie et de la développer comme une mélodie du jazz ou du rock. »
Cette grande liberté d’expression et ce goût pour la rencontre de personnes, de musiques ou de cultures différentes ne cachent pas un arrière-plan difficile, surtout quand le spectre du colonialisme et les blessures dues à la fin d’un mode de vie nomade brisé par les frontières étatiques sont encore si profonds et loin d’être guéris. Mais si le fait que les jeunes générations touarègues utilisent les moyens fournis par l’Occident pour sauvegarder leur culture menacée d’extinction peut sembler quelque peu paradoxal, les musiques produites sont le meilleur témoin d’un processus générateur de créativité et de dynamisme et pas du tout d’assimilation. Ainsi la marque des nouvelles générations est celle d’une grande effervescence, d’une liberté créative et d’un désir de tracer des chemins d'une intime expression de soi et d’esthétiques personnelles en lien avec le monde présent.
Guitare et Kalachnikov : évolutions d'un mythe Bien que Tinariwen soit, à l'heure actuelle, le seul groupe à avoir su pérenniser une carrière internationale, le milieu des musiques du monde, qui met ces sons sahariens en avant, donne une visibilité exceptionnelle aux revendications d'un peuple entier. Mais ce traitement privilégié alimente un énième paradoxe. Un double discours et une double conduite de l'Occident envers un peuple qui a suscité dans les siècles passés des sentiments de fascination et de mystère, mais aussi une dangereuse soif de domination. Le succès de Tinariwen a sans doute permis aux occidentaux de découvrir un peuple qui se sent en menace d'extinction, grâce aux sons de sa culture musicale. Ce succès a ouvert un créneau et un marché pour d'autres groupes et un mouvement culturel très dynamique s'est constitué dans les dernières années entre le Sahara et le reste du monde. Mais le mythe des « hommes bleus du désert », qui poursuit les Touaregs depuis la colonisation, ne fait que mettre à nu la difficulté de l'Occident à penser et gérer sa fascination pour la diversité, sans tomber dans des pièges épineux et des stéréotypes éculés. D'un coté, une douzaine de groupes touaregs rythment les scènes du monde depuis plus de 10 ans. De l'autre, le nouveau cliché des musiciens-rebelles avec guitares et Kalachnikovs, affiché sans cesse depuis que les groupes ont rejoint le marché, cache trop facilement la dure réalité que les Touaregs du Mali et du Niger doivent subir dans leurs pays, réalité qui reste totalement méconnue au delà des frontières du désert. Tandis qu'une poignée de groupes nourrissent l'industrie musicale envoutée par le charme de leurs turbans et de leurs guitares électriques, tout un peuple derrière eux souffre d'une pauvreté et d'un isolement qui ne font qu'empirer. Dans les dernières années, suite à plusieurs kidnappings de touristes par un groupe armé affilié à Al-Qaïda, implanté récemment dans les régions du Sahara, les ambassades occidentales ont marqué le désert comme une zone rouge formellement déconseillée aux visiteurs. Les trafics de drogues vers l'Europe passent par cette zone très vaste et non contrôlée par l'État. L'exploitation étrangère de l'uranium nigérien bouleverse depuis des décennies les équilibres locaux au Nord Niger et la découverte de pétrole et d'uranium dans le Nord du Mali ne promet pas la stabilisation de la zone. Pourtant les Touaregs sont là, courtisés par les maisons de disques et par les festivals européens. Mais leur voix est souvent encore trop faible et leur image risque de se transformer en caricature si elle ne restitue pas la réalité des conditions de vie du peuple qu'elle prétend incarner.
Encore une contradiction dans cette histoire des Touaregs, absorbés par le monde de la World Music. La médiatisation peut-elle être un moyen pour préserver la culture d'un peuple marginalisé ? Ou bien est-elle un virus qui en affaiblit les forces, en promouvant des mythes infondés ? En tout cas, le défi pour les jeunes groupes aujourd’hui semble être celui d’accepter l’héritage de leurs prédécesseurs et d’en prendre la relève, tout en osant aller au delà, expérimenter, actualiser sans crainte la musique et les messages, comme les Tinariwen ont su le faire il y a quelques décennies, en se démarquant de la tradition sans créer de fracture. Parce que si la musique a joué un rôle essentiel pendant la rébellion des Touaregs dans les années 1990, elle peut aujourd’hui continuer à être le moteur et la voix d’une jeunesse qui est malheureusement encore appelée à gérer des situations douloureuses.
La compilation « Ishumar, musique touarègue de résistance » nous avait donné à entendre certaines expérimentations musicales dans le sillage du groupe phare de la guitare touarègue. Avec « Ishumar 2, nouvelles guitares touarègues », nous continuons à suivre le parcours contemporain de la musique des ishumar, en découvrant toute une génération de jeunes musiciens qui, à partir de l’expérience des maîtres, a tracé son chemin dans les sables comme sous les sunlights des scènes occidentales, témoignant de la créativité, du dynamisme et de l'effervescence actuelle de cette musique du Sahara.
L'auteur Marta Amico est violoniste et anthropologue. Elle prépare un doctorat en Anthropologie et Musique à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris sur les musiques touarègues contemporaines.
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