Jeux et constructions de la personnalité... Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par Sedryk le Tuesday 25 January 2011

... dans les traditions des Kel Tamasheq du Mali

Par Ibrahim Ag Mohamed

Les Kel Tamasheq en général comme les berbères sont des peuples de guerriers et d’éleveurs. Et l’Education donnée à l’enfant dans la famille est toujours allée dans le sens d’en faire un bon et honnête guerrier et/ou un bon et honnête éleveur vivant dans le respect d’un code d’éthique propre à sa société.  L’ [« ACHEK »], « la honte de ce qui peut faire honte » est une règle générale de conduite qui oblige à la pudeur et à la non exhibition de certaines parties du corps ou à tout ce qui peut conduire à cela.
L’Education se faisait sur un ensemble de disciplines concourrant à la construction de la personnalité : les jeux de société (jeux psychomoteurs et autres jeux sportifs),les jeux de langue,  les leçons de choseset les activités pratiques. Elle est renforcée par une charte morale et sociale non écrite, mais tacitement forte.


CHAPITRE I : LES JEUX DE SOCIETE

Ils sont riches et variés. Ils évoluent avec l’âge. Seront énumérés ici seulement ceux qui nous paraissent les plus significatifs.

A/LES JEUX DE SABLE

Par ce vocable, nous désignons les jeux se faisant sur le sable en position assise.
Ils sont pratiqués en groupe et mettent l’accent sur le développement de la motricité manuelle.
Les jeux ci-dessous énumérés se pratiquent en toutes saisons.

[« Inikwa »] :
Ce jeu destiné aux enfants entre 7 et 14 ans se fait avec de petits cailloux ou des noyaux du fruit de Balanites aegyptiaca (taboraght en tamacheq)

[« Dara n-dharan »] :
C’est aussi un jeu d’enfants et d’adolescents, se faisant avec des bâtonnets et des petits cailloux ou des crottins de chameaux.

[« chaghargham »] :
Dans ce jeu le maître à jouer prononce de façon continue « chaghargham, chaghargham… »  en decrivant un mouvement circulaire avec le poignet. Les autres joueurs font comme lui. Par surprise, il prononce « Ziw ou dass ». Quand il prononce « ziw », chaque joueur doit lever l’index. Lorsqu’au contraire le maître de jeu prononce « dass », il doit  pointer au sol.  Tout joueur qui n’aura pas fait le bon choix est éliminé jusqu’à ce qu’on connaisse le vainqueur.
Ce jeu cherche à cultiver l’attention, la discrimination auditive et requiert un assez bon niveau de coordination dans les mouvements

[« Malloli-çattofi »] :
Quand le meneur de jeu prononce : « malloli », les joueurs exhibent à même le sol, la paume de leur main. Et quand il prononce : « çattofi », ils présentent l’envers de  la main. Celui qui ne respecte pas la règle de jeu est éliminé jusqu’à ce qu’on découvre le vainqueur.
Ce jeu favorise la discrimination visuelle, la discrimination auditive et l’attention.

[« Iseghan »] :
Joué par les enfants et ou les adultes. Il se fait avec généralement avec douze bâtonnets de Salvadora persica (techaght en tamacheq)
Ces jeux pour ne citer qu’eux ont un grand rôle dans :
1.    la socialisation de l’enfant, car celui-ci joue avec un groupe (joueurs et spectateurs), développant ainsi le sentiment d’appartenance à un groupe de jeu et au delà à une classe d’âge.
2.    Le développement de la motricité manuelle, car les cailloux et les bâtonnets sont joués avec les doigts et le poignet
3.    La discrimination visuelle :
- distinction rapide des couleurs des objets utilisés (vert clair et blanc sale des facettes des bâtonnets de Salvadora persica 
- repérage des trous vides qu’on doit stratégiquement utiliser pour gagner une partie dans le jeu de [« DARA »]

B/LES JEUX SPORTIFS

[« Tamammakat » ] :
Se joue la nuit au clair de lune par les enfants entre 7 et 14 ans. Ce jeu consiste en jeux de rôles : un groupe d’enfants joue au troupeau et un individu au chacal. Le chacal interroge le troupeau s’il aime différentes herbes et celui-ci répond [« tam tam tam »],onomatopée signifiant « Oui ! Oui ! Oui ! ». Le chacal prononce : [« tamammakat dag assilay »]. Tous se mettent à courir pour atteindre la mare ([« Tassiswit »])Le chacal essaie de prendre « un animal ». Celui qui est pris jouera le rôle de chacal et le premier chacal rejoint le troupeau et ainsi de suite.
Ce jeu représente la scène du chacal qui guette permanemment le troupeau et peut causer des pertes. C’est aussi une esquisse de formation de l’enfant face au danger. Ce dernier court comme il faut en feintant, en réfléchissant à comment éviter d’être pris. En plus de son caractère socialisant, c’est aussi un moyen de formation à la course de vitesse.

[« Sammajori »] :
Ce jeu consiste à  se lapider mutuellement avec des cailloux en formant des groupes opposés. C’est la forme enfantine de la guerre. Et souvent des enfants sont blessés. Il cultive l’adresse et renforce l’attention.

[« Innichara »] :
Dans ce jeu, les enfants arrêtent une cible quelconque et jouent à l’atteindre avec des cailloux lancés à la main, par des frondes ou par des lance-pierres. Les adolescents et les adultes eux le font avec des armes à feu.

« Timchichwaren » :
C’est une course de vitesse que les enfants de façon volontaire et spontanée en se fixant un point d’arrivée visible de tous : pierre, colline, arbre…

[« Achimichij »] :
Ce terme désigne la course à dos d’âne ou à dos de chameau et apprend à l’enfant à bien se tenir sur sa monture dans tant dans des situations normales que dans des situations de danger.

[« Ekarchey »] :
Pour ce jeu, une séance de tam-tam traditionnel est organisée dans deux campements distants souvent de dizaines de kilomètres.  Un chamelier se saisit d’un morceau de tissu ou d’un voile de jeune fille qu’il essaie d’emporter au [« tendé »]de son campement. Les chameliers du second campement essayent de le rattraper pour ramener le voile chez eux. Dès qu’il est rattrapé, le porteur du drapeau le cède. Ce jeu en plus de son caractère divertissant,  renforce le sentiment d’appartenance à un campement, à une communauté et permet de repérer les meilleurs coursiers.

[« Karay »] :
Il est comparé aujourd’hui au hockey même si lui se fait sur la terre ferme. La raquette de même forme est taillée dans une branche d’acacia. Le nombre de joueurs est illimité. L’aire de jeu n’est pas délimitée. Le but consiste pour chaque groupe à porter la balle faite en peau de vache ou de chameau à son [« tendé »]joué par les femmes. Le jeu peut durer plusieurs heures, la balle suivant des itinéraires au gré du hasard. Le coup de pied ([« bella »]en tamacheq y est permis)

[« Cheyyof »] : ou la nage
Se sport se pratique généralement en hivernage. Il s’agit d’apprendre à nager sur le ventre et sur le dos la tête hors ou dans l’eau. Le nageur le plus expérimenté fait le [«lollimi ou Guimba »],intercepte les mauvais nageurs et les malmène. Cela fait partie de l’apprentissage car le petit berger en hivernage peut être surpris n’importe quand par une pluie torrentielle et doit le plus souvent traverser des mares à la nage.

[« Tidamaten »] :
C’est un jeu au sabre entre deux individus qui simulent une querelle. Il est réservé aux adolescents et aux adultes. Son objectif est de préparer le jeune garçon à la guerre en lui apprenant à parer aux coups d’épée, à les esquiver et en donner à son tour afin de vaincre son vis-à-vis.

CHAPITRE II : LES JEUX DE LANGUE

A/ LES DEVINETTES

Elles sont dites par des adultes à l’endroit des enfants, ou entre enfants. Le moment privilégié est généralement la nuit. Par les devinettes, les jeunes tamasheqs apprennent à enrichir leur niveau de langue portant sur leur environnement immédiat et l’Univers. La devinette est un jeu intellectuel. C’est un moment particulier de compétition intellectuelle où chacun à soif de le remporter sur son prochain. Toute chose qui fait partie des éléments ayant motivé et facilité l’apprentissage du français dans l’école formelle des milieux nomades au cours des deux décennies ayant suivi l’indépendance du Mali.
Très généralement, la réponse à la devinette est le fruit d’un exercice intellectuel basé sur le sens.
Après une analyse partant de l’usage, on peut classer les objectifs éducatifs des devinettes en :
But: Maîtriser la langue

Il existe  deux objectifs principaux globaux :
1.    Objectifs de construction de métaphores,
2.    Objectifs d’apprentissage de la poésie

 Aux deux objectifs intermédiaires s’ajoutent les objectifs suivants qui sont eux, transversaux à toutes les devinettes.
1.    Objectifs de construction de lexique, 
2.    Objectifs de socialisation,
3.    Objectifs de connaissance de l’environnement immédiat et de l’univers.

I  Objectifs d’initiation à la poésie

il arrive que la réponse à une devinette se base la similitude de la rime entre le terme de la devinette et celle de l’élément de réponse.
Exemple : [« Anzoragh kay-in Djaq »]. [“Djaq”]est une simple onomatopée. La réponse : [« adidagh djed djeeq »].Cette réponse peut se traduire en français par : « Cet réalité qui est la tienne est aussi la mienne ». Du point du vue sens,  la relation entre la devinette et sa réponse n’est pas évidente. On note  cependant qu’elle apprend à l’enfant à faire des rimes qui sont un préalable à la construction des vers.

II  Objectifs de construction du sens
Exemple :
[« tedjeft odjegh taghalast, tedieft  odjegh taghalast »] : « Après chaque dune que j’escalade, il y a de l’herbe ». La réponse à cette devinette est :[« takfankafot »],c'est-à-dire « le feuillet »] d’un animal. Les plis du feuillet représentent les dunes et l’herbe mâchée qu’ils cachent représente la [« taghalast »],type d’éphémère.
  En faisant ce jeu, l’enfant renforce son niveau de langue, sa capacité de construction du sens après des ratées et rallonge sa liste de devinettes

 Le plus souvent le sens se construit par comparaison.
Exemple : [« tekkelt n-ămali təhat erăbeje»],ce qui peut se traduire par : « Une trace de dromadaire dans la plaine ». La réponse à cette devinette est « la lune ». Pour trouver cette réponse, l’enfantpasse en revue tous les éléments de son environnement, fait des rapprochements entre le terme de la devinette et son correspondant dans la vie courante. Ainsi, la réponse est trouvée par rapprochement ou comparaison.

B/LES PROVERBES

Pluriel : « oẓẓawăn » sing : oẓẓ
Ils sont une sorte de langage métaphorique sûrement somme d’une expérience linguistique et d’une sagesse multiséculaire. Ils ont un poids moral et juridique tacite non négligeable. Leur rôle essentiel est de réguler les comportements de l’individu et du groupe social. Ils ont un caractère intemporel et impersonnel dans l’inconscient collectif. Les adultes et en particulier les vieilles personnes en sont les dépositaires. 

Par exemple, on a souvent coutume de conseiller à ceux qui veulent changer de groupe social ou de résidence pour des raisons pas très pertinentes : [« Tilked e-tilled,  ilkik e-tikked »],ce qu’on peut traduire par : « Tu sous estime où tu es, te sous estime où tu vas ». Il faut noter que bien de proverbes dans l’Adagh sont de langue ancienne proche de celle du Hoggar, et de celle des Iwillimiden de Ménaka et de l’Aïr tel dans : [« Tilked e-tilled,  ilkik e-tikked »]. la langue de l’Adagh on aura transcrit : « Tilkahad e-tilled, ilkahkey etikked »]. le proverbe sera dit toujours tel que les ancêtres l’ont édicté. L’on ne transcrira ni ne dira ainsi, car sa valeur est au dessus des savoirs de l’individu et de son groupe social restreint.
Les domaines des proverbes :
Les domaines des proverbes sont très variés :
Quand bien même les Kel Tamasheq ne font pas de distinction entre proverbes et maximes  comme en Français, les éléments de ce vaste ensemble ne revêtent pas le même sens et n’ont pas la même construction.
Il existe des constructions  courtes énonçant une vérité générale. Elles sont  émises le plus souvent pour confirmer une évidence et répondre au comportement affiché par un individu dans une circonstance donnée.

Certains proverbes sont dits pour donner un conseil direct
Par exemple, quand un individu exagère un comportement sur le point de lui porter préjudice, on lui conseille : [« Achidjren, war-itiba at okallan »], ce qui peut se traduire par : « quelque chose de trop long ne manque pas d’être piétiné » proverbe a pour équivalent en français : « l’excès de tout est nuisible ». Lconseil donné est très généralement bien reçu par l’individu qui est touché par le caractère intangible de la vérité générale et universelle qu’il renferme

C) [« Taguiniguint »]

C’est un procédé d’encodage linguistique qui permet à ceux qui y sont initiés de communiquer aisément sans que leur entourage ne saisisse le sens de ce qu’ils évoquent. Le principe consiste à intercaler les lettres-sons ou syllabes-sons des mots constituant la phrase entre d’autres sons intrus.
Par exemple : la phrase : [« negh-ak »] : « je te dis »
Cette phrase peut être codée dans les différentes  variantes :
1.    Variante en [« R »] : [« Neghak »] les sons intrus ici sont [« ra ; re et ra »]
2.    Variante en [« HF »] :  [«Hounfoun hounfegh hanfak”]. sons intrus sont: [“houn; fou; han”]
3.    Variante en [“W”]     :   [“Neghak”]; Les sons intrus sont: [« wa; we; wa; w »]
4.    La variante en [« K »]:    [« Neghak »] : Les sont intrus sont : [« ak ; ak ; ak »].
Il es à noter que les variantes ne se limitent pas à ces quatre, mais celles-ci sont les plus classiques et les mieux partagées.
Le [«Taguiniguint »]   entre ceux qui le parlent les liens et les sentiments d’appartenance à un groupe bien distinct, détenteur d’un savoir spécifique.

D/LES CONTES : [« Tinfusen »]

Les objectifs des comptes
- Distraire les enfants
- Enrichir l’expression orale de l’enfant
- Cultiver la bravoure
- Cultiver l’amour filial et parental
- Cultiver le devoir d’assistance aux faibles

1. Caractéristiques des contes tamasheq :
En milieu nomade,
1.    ils sont généralement dits la nuit après toutes les autres activités de la journée ;
2.    Ils commencent par la présentation du personnage principal :
- « kala t-illa ahales » :  « il a existé un homme » ;
- « Meddan issin dididagh » : « Voilà deux hommes » ;
 - « tanfust n-ahalis n-abaradh » : « le conte d’un brave homme »
3.    Ils ont généralement un nom par lequel on les désigne :
 - « tanfust ta n-tannist d-Annis » : « le conte de annist et Annis »
- « Tanfust ta n-ebagg d-temarwalt » : « le conte du chacal et du lièvre »
4.    Existence d’un dénouement final, favorable aux plus faibles, aux plus bons et défavorable aux tyrans et aux méchants
5.    L’annonce de la fin : « Timinda tanfust » : « le conte est terminé » dite par le conteur.
6.    Ils incitent à la bravoure, à la bonté, à l’amour filial et parental, à la solidarité avec les faibles.

E/LE TIFINAGH

Le Tifinagh est l’écriture des Kel Tamasheqs (Touaregs). C’est un ensemble de signes graphématiques très proche de l’écriture libyco berbère à laquelle on donne souvent une origine phénicienne. On la rencontre partout dans l’Adrar des Iforas sur les parois des rochers, exprimant des messages pas toujours déchiffrables par les gens de l’Adrar actuel.
Cette écriture comme la langue parlée tamashek a trop souffert de l’arabisation du monde tamasheq. Malgré tout, elle arrive à survivre à travers une utilisation occasionnelle qu’en font les femmes surtout.
A b s d y f j z k l m n w r t 8
Dans l’éducation traditionnelle des Kel Adagh, l’apprentissage du tifinagh se fait sur la Base de la phrase suivante :
« Fadhimata walet Awadhis, elam n-et war i-titwadhis, taggalt-net maraw iyissan d-sadhis »
Cette phrase contient 12 caractères sur les 22 qu’écrivent les Kel Adagh. Ce qui pour un début d’initiation donne tout juste le goût d’écrire, les autres caractères complexes sont découverts par l’apprenant au fil du temps comme : Z ; nt ; ft ; rt ; mt ; ct ;
Valeurs sociales et pédagogiques du tifinagh dans l’éducation traditionnelle :
  En plus de l’apprentissage de l’écriture, le Tifinagh fut un moyen de communication important et efficace dans un espace géographique où les distances ont eu très souvent raison des tête-à-tête et des visites interpersonnelles. Dans une société où tout le monde ne l’écrit pas, le Tifinagh apparaissait souvent comme un code favorable pour des messages secrets. Il a servi à écrire des les intentions amoureuses dans une société où la pudeur extrême est de mise.
  On reproche au Tifinagh classique d’être peu opérationnel à cause de l’absence des voyelles en dehors du « a » ([«a »]) et de la semi-voyelle « w » ([« o »])
Cependant, il est important de noter que la portée pédagogique de son écriture est très grande.

1.    Ecrire le tifinagh classique, c’est posséder les préalables à l’écriture et au calcul dans l’école formelle. Les graphèmes tifinagh donnent bien dessinées toutes sortes de formes géométriques
2.    Lire le tifinagh, c’est posséder les préalables à la lecture dans l’éducation formelle. Lire certains mots en tifinagh classique nous oblige à passer en revue tous les homographes d’où une sorte de révision très rapide de notre vocabulaire, ce qui est intéressant pour le développement des facultés de mémorisation. Il en est ainsi quand on veut déchiffrer :
Fr= [« fr »]. Il manque à ce mot des voyelles, ce qui fait qu’on peut y lire plusieurs mots :
« ffar » : « cache-toi »
« iffar » : « il a caché » ; « il s’est caché »
« ufar » : « être caché »
« ifar » : « il est employé salarié »
« afer » : « sorte d’herbe à brindilles »
Cet état de fait oblige à une construction de sens.


CHAPITRE III : LES LECONS DE CHOSES

Elles consistent à apprendre à l’enfant à différencier les animaux,  suivant :

1. les couleurs :
« ekazi » ne s’emploie que pour l’ âne blanc ; le chameau blanc se dit « abzaw ou ebaydaj »
« ekachi » se dit d’un animal ou sur un fond de peau blanc porte beaucoup de petits points blancs. Lorsqu’au lieu des points ce sont des formes plus grandes, on l’appelle « azarghaf »
Un animal qui a un banc entre les deux yeux et sur le naseau se dit « amol »
Un animal qui la partie inférieure des pattes, blanche est appelée  « ajibar »…

2. L’âge :
Un petit animal en âge de tête s’appelle « asadhadh »
Un petit veau est appelé « elambay ». Moins fragile, il prend le nom de aloki. A à peu près six mois, on l’appelle « ebarkaw ». A un an, « agg-awatay »…

3. Le cri :
Verbes à la 3epersonne du féminin-singulier ; masculin singulier (passé)
Le chameau : « ajewa » ms
La vache : « tarku » fs
La chèvre, le mouton : « taslaf » fs
Le chien : « tachu » fs
Le chacal : « asrawraw » ms
Le cheval : « ahnanat » ms

4. La trace :
Les plus étudiées et que les enfants imitent sur le sable :
Traces du chacal, traces du chien, de l’hyène, du chameau, du mouton, de la chèvre, de la vache…

CHAPITRE IV : LES ACTIVITES PRATIQUES

Parmi les activités pratiques auxquelles sont soumis les enfants tamasheqs, on peut citer :
- La chasse au lièvre, au fouette-queue « agama agama » (« ajizaram » en tamasheq) ;
- Le dressage des animaux de somme : âne et chameau ;
- L’extraction des racines d’acacia pour en faire des bâtons ;
- La connaissance des plantes utiles pour le bétail :
    -    plantes plus nutritives pour le chameau « emaytarar » par exemple
    -    Pour la vache : « talimozt »
    -    Pour le mouton « efaghat », entre autres

La connaissance des plantes comestibles par l’Homme :
Produits cueillis par les enfants :
-    « Iboraghan » fruits du  balanites aegyptiaca (Taboraght en tamasheq )
-    « ibakaten » fruits  du zizuphus mauritiana  (tabakat en tamasheq) ;
-    « tamint » , fruits du Boscia senegalensis (tadhant en tamasheq)
-    « ardjich », fruits de Salvadora Persica (techeght en tamasheq)
-    « taynust », gomme arabique
Certaines herbes éphémères sont consommées pour leur sucre, ainsi que le pastèque sauvage doux.

 

Du même auteur

naître saharien
Taguelmoust
Gestion des problèmes sociaux chez les touaregs kel Adagh -Mali-

 

Pour proposer un texte : cliquez ici

 

Newsletter

Inscrivez-vous à notre mailing-list pour recevoir nos news par email




Avec le soutien de