C'est avec une grande tristesse que nous apprenons le décès de Koudede, il a eu un accident de voiture alors qu'il revenait de Ouagadougou à Niamey après un concert. Koudede a grandi à Arlit, au Niger. Il suit le chemin de bien d'autres
ishumar de l'époque : l'exil en Algérie et Libye, la prise du maquis
lorsque éclate la rébellion en 1990, et l'apprentissage de la guitare,
indispensable pour transmettre des messages dans les campements les plus
éloignés. En 1996, c'est la paix, il revient au pays et va à la
rencontre des musiques des campements, rythmées par le tindé et l'imzad.
Koudede anime baptêmes et mariages, joue un temps avec d'autres
musiciens touaregs, puis vole de ses propres ailes en composant lui-même
ses chansons. Il tourne depuis dans la "sous-région", Ghana, Nigéria,
Burkina-Faso, Tchad, là ou des communautés touarègues sont présentes. Il
enregistre un premier album avec le groupe Enminnak an saktan, puis
deux albums solos à Ouagadougou entre 2003 et 2005. Le premier,
"Amghard'ana", en faisant appel à des musiciens non-professionnels ; sur
le second, "Alam'i", Koudede y joue de tous les instruments. En 2010, il se joint au groupe Inerane comme second guitariste pour enregistrer l'album "Guitars from Agadez, vol. 3" et tourner en Europe. Il y a quelques mois, le label Sublim Frequencies avait publié un single solo de Koudede et un nouvel album était en cours d'enregistrement.
Toutes nos pensées vont à sa famille et à ses proches.
Quelle tristesse... Koudede était un homme si bon, si jeune, si talentueux... Nous n'avons pas de mot pour exprimer le choc que nous procure sa disparition.