Bismillah, bienvenue à Kidal Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par Sedryk le Wednesday 27 October 2010

Par Christopher KIRKLEY  - 2010

(texte extrait du livret de l'album "Alghafiat" de Amanar)

Je suis arrivé à Kidal pour la première fois à la fin de la saison des pluies. J'avais entendu beaucoup de légendes sur cet espace vierge sur la carte : les consignes gouvernementales de voyage, les rébellions perpétuelles, le banditisme impitoyable. Toute tentative pour obtenir des informations utiles était vaine, que ce soit des occidentaux mal informés et effrayés par le risque de l'aventure ou des guides qui garantissent toujours un passage sûr, parce que c'est leur gagne-pain. Finalement, j'ai simplement fait comme tout le monde et j'ai grimpé dans un bus bringuebalant en direction du nord.

Kidal est le centre urbain des Touaregs maliens, une ville isolée dont le nombre fluctuant d'habitants se situe autour de 10.000. C'est un long voyage depuis Bamako, la capitale, au point que l'on a l'impression d'entrer dans un autre pays, voire une autre planète. Pour arriver depuis le sud, il faut traverser un désert tortueux et plat, des pistes sableuses et balayées par le vent, des rochers brisés. A l'exception de quelques ruines, témoins de la colonisation française, la plupart des bâtiments sont des maisons en banco brun. Le marché central est très animé : les commerçants crient à l'attention des camions, moteur au ralenti, chargent et déchargent les véhicules, les chauffeurs enturbannés en profitent pour prendre le thé à l'ombre. De nombreux jeunes hommes paressent avec cette patience typique de la région. Une patience fort utile au vu du chômage massif.

Comme tant d'autres, je suis venu ici attiré par le son hypnotique de la guitare touarègue. En fait, c'est ce « blues du désert » qui m'avait d'abord donné l'idée de m'embarquer dans ce projet ethnomusicologique d'enregistrements, qui durait depuis environ un an et m'avait amené jusqu'au Sahara. A mi-chemin entre le scientifique et le musicien, je transportais avec moi un micro et une guitare. Je me suis rapidement trouvé en compagnie de Amanar, le groupe kidalois le plus populaire, des célébrités locales.

Ce qui m'a frappé d'emblée dans cette ville, c'est l'absence totale de rapport au commerce dans les relations humaines. Et c'était encore plus net dans le cas de Amanar. Quand je suis arrivé la première fois pour assister à une répétition en soirée, j'ai d’abord été marqué par le sérieux et le respect des jeunes – puis par le désintérêt dont ils faisaient preuve pour ma présence. Ce n'était pas le genre de personnes qui font des pieds et des mains pour séduire des occidentaux. C'était agréable d'être traité comme un être humain.

J'ai vécu à Kidal pendant 6 mois, habitant à droite à gauche, accompagnant le groupe lors des concerts locaux (et aussi voyageant jusqu'à Tombouctou pour leur première apparition au Festival au Désert) et, finalement, manageant les affaires et la promotion du groupe. Tandis que cette expérience faisait avancer mon travail de recherche, elle m'a aussi apporté un groupe d'amis proches.

Une bonne dose d'exotisme pèse sur les échanges interculturels. Compte tenu de la tribune où ceci est présenté (le livret d'un album de musique tamashek, principalement destiné à un public occidental), il est impératif de se demander où se situe la ligne entre le goût pour l'orientalisme et la compréhension de cette culture ? L'histoire d'un groupe touareg suit souvent plus ou moins le même schéma – la guerre et l'invocation trop fréquente de l'image du rebelle avec guitare et Kalachnikov. On ne peut pas se limiter à un tel cliché, même si c'est tentant. L'histoire d'Amanar est celle d'un groupe jouant dans ce petit coin du monde, s'emparant d'une musique et la développant à sa façon.

Un jour parmi d'autres

La petite maison d'Ahmed, le QG de Amanar, à Itambar, l'un des quartiers environnants Kidal. Moins une cité qu'une ville endormie – la seule route pavée traverse une section défoncée de l'oued ensablé – des chèvres errantes font leur chemin à travers les rues poussiéreuses. La construction de la ville correspond à la sédentarisation des nomades, avec des habitations très éloignées les unes des autres. La maison elle-même est en petites briques de banco mais la cour est grande, limitée par de hauts murs sales et une porte battante en tôle ondulée. L'espace physique est l'une des richesses abondantes du désert.

Nous nous réveillons au lever du soleil. Ahmed s'assure que les jeunes soient debout pour la première prière. J'entends un bruit, je me tourne et le vois secouer avec son pied l'une des personnes endormies. Les matelas en mousse sont tous disposés au milieu de la cour. Nous nous levons à tour de rôle et empruntons le seau en plastique pour éclabousser nos visages et faire nos toilettes. Halifa, le plus jeune membre, souffle sur des braises pour préparer le thé.

Ahmed est le leader et le fondateur du groupe, qui ressemble parfois plus à une famille (et qui est en est une, en quelque sorte, de nombreux membres du groupe ont des liens de parenté d'une façon ou d'une autre). Il vit ici avec sa femme, leurs deux enfants et les membres de passage du groupe. Comme dans la plupart des groupes de musique tamashek, il y a un noyau dur entouré d'une formation en changement constant, des membres du collectif viennent ici pour apprendre, jouer, vivre. Parmi ceux qui ont fait de la maison leur base temporaire, certains ont de la famille localement, alors que d'autres sont de vrais « ishumar », descendant d'Algérie avec rien d'autre qu'un petit sac à dos et de l'espoir.

« Le groupe compte sept personnes qui constituent cette maison. Nous avons toujours des amis, de bons amis, et des élèves. Je ne chasse pas les gens de la maison. Si les gens viennent ici, ils peuvent jouer », dit Ahmed. Mais il y a certaines règles. Les gens doivent se comporter de manière respectueuse et aider à la vie quotidienne.

Alors que le soleil grimpe dans le ciel, l'endroit commence à s'agiter. Les chèvres bêlent et sont affamées. L'un des pensionnaires les emmène dans la rue pour paître. De larges seaux d'eau sont remplis avant que l'approvisionnement journalier ne soit épuisé. Des motos grondent, sortent de la cour, et la porte de métal claque au fur et à mesure des allers et venues.

A la mi-journée, le soleil est haut dans le ciel et nous nous retrouvons dans la pièce principale de la maison en banco. Construite de façon à conserver la fraicheur, la pièce sombre est éclairée par une minuscule fenêtre carrée. Le contraste entre l'éblouissement du soleil et l'obscurité d'une fumerie d'opium nécessite un ajustement douloureux pour les yeux. La pièce est large. Il y a une pile de matériel dans un coin : set de batterie, djembé cassé, guitares abîmées sans corde. Accrochée au mur, une photo du Colonel Khadafi, qui occupe une place particulière chez les Tamashek, bien que ce ne soit pas sans ambiguïté. C'est le président Libyen qui avait lancé aux Touaregs une invitation à fuir le génocide du gouvernement malien – le résultat étant qu'ils se sont retrouvés à se battre pour l'armée libyenne dans les guerres du Tchad et du Liban.

Illustrant ces avis divergents sur le Colonel, quelqu'un lui a dessiné des moustaches. « En Libye, tu n'oserais pas dénaturer une image du Colonel », explique Ahmed. Comme beaucoup de Tamashek, il a vécu en exil. Bien que la violence honteuse de l'Etat malien ait pris fin avec l'éviction de Moussa Traoré, le conflit a semé les graines de la dissension entre les groupes ethniques du Mali. « Je suis allé à Gao mais la milice Ganda Koy était là. C'était un endroit dangereux pour les Touaregs ». Intégrant les camps d'entraînement libyens pendant une courte période avant de partir pour Tripoli, c'est pendant cette phase d'exil qu'Ahmed apprit à jouer de la guitare. Cet homme profondément religieux parle d'une voix douce et choisit ses mots avec précaution, que ce soit en parlant ou dans ses chansons. Leurs thèmes vont de l'universel (la nature éphémère de la richesse matérielle) au plus pointu (la préservation de la culture). Ce ne sont pas des appels aux armes ou à la rébellion, bien que, d'une certaine manière, ils soient plus dangereux et rebelles, en critiquant les puissants et leur hypocrisie, y compris les membres de la société tamashek.

Dans la pièce sombre, les silhouettes ressemblent à des piles de vêtements, affalées dans les plis des tuniques contre les murs frais en argile. La chaleur de la mi-journée est oppressante. « Algérien » s'assoit et commence à gratter la guitare. Il martèle la sixième corde grave avec son pouce pour produire un bourdon, une lente mélodie apparaît. Hammidah, à moitié endormi, attrape une autre guitare posée contre un mur. Il attend une minute pour trouver le bon accord, caressant doucement l'instrument. A l'exception du chant et du son de la guitare, tout est calme. Une chèvre bêle dehors.

Une soirée-guitare

La Maison du Luxembourg (MDL) est un large bâtiment en béton jaunâtre. Cadeau de la Duchesse du Luxembourg, elle abrite un cyber-café, un studio d'enregistrement et, depuis peu, est devenue la première salle de concert. Elle s'est peut-être plus fait connaître, pendant sa courte histoire, pour son rôle lors de la rébellion de 2008 : après le saccage des trois garnisons militaires de la ville, le bâtiment servit à enfermer les prisonniers, tandis que les rebelles fuyaient vers le désert.

Ahmed et Bebe sont assis dans les « coulisses », face à un feu. Un petit garçon, neveu de Bebe, attise les flammes, envoyant un nuage d'étincelles dans le ciel nocturne. On pourrait se croire en brousse, si ce n'était les murs de banco qui obscurcissent l'horizon. Nous restons tranquillement à méditer tandis qu'à l'intérieur, le son du concert fait rage.

Amanar commence généralement une soirée d'une manière établie. Au coucher du soleil, le groupe se rassemble chez Ahmed. La pièce s'emplit alors de bruits d'étoffes et de parfums assidûment appliqués. Les turbans sont noués et renoués, avec une précision d'expert, tout en tenant à bout de bras un petit fragment de miroir. Les jeunes courent en tous sens, à la recherche de médiators et autres accessoires mal rangés, puis se dépêchent d'aller à la MDL. La première partie du concert est réservée aux amis et aux élèves, pour leur donner une occasion de jouer. Le frémissement de la guitare amplifiée porte au delà de la ville du désert. C'est une annonce, une publicité, un appel à l'activité nocturne. Les jeunes peuvent jouer autant de chansons qu'ils le souhaitent, mais quand le noyau dur montera sur scène, ils ne joueront plus que des chansons de Amanar. Nous attendons près du feu alors que la foule grandit.

Les célibataires et les divorcés sont venus en masse, en motos rugissantes depuis l'autre bout de la ville ou en groupes pleins de rires, traçant leur chemin à travers les sombres rues nocturnes. La MDL possède une cour intérieure éclairée, à ciel ouvert, avec des chaises pliantes. Sur le mur derrière la scène sont accrochés de luxueux tapis. Une grande natte tressée de quelques mètres carrés est placée devant la scène. C'est la piste de danse. Les femmes sont enveloppées de tissus étincelants qui recouvrent leurs cheveux, ne révélant que leurs visages, les hommes portent de longues tuniques brillantes et des vestes de cuir, leur têtes entourées de turbans qu'ils ont mis des heures à perfectionner.

Amanar monte sur scène. Un « groupe de danse » est appelé au micro à venir au centre. Il y a des désaccords puisque six hommes réclament la place opiniâtrement. « Trois personnes seulement », demande l'animateur. Le groupe attend patiemment que les hommes fassent des concessions. « Merci », soupire l'animateur tandis que certains des hommes se retirent en riant et rougissant, et la musique commence. Il y a une certaine agitation dans la foule des femmes avant que certaines ne bondissent pour les rejoindre. La danse est simple, seulement 3 pas de gauche à droite. Les danseurs restent sur place, se faisant face à un bon mètre de distance, et bougent les bras en prenant des poses. Au refrain, les deux camps s'avancent et dansent de façon rapprochée avant de se croiser et de changer de sens sur la piste. La musique s'achève et les six danseurs se dépêchent de rejoindre leurs places avant qu'un autre groupe ne s'avance au centre.

Ce que l'on peut noter à propos de la musique de Amanar, c'est la vitesse. La musique maintient une certaine forme incarnée par la guitare Tamashek. Tous les éléments sont présents : la basse bourdonnante, les accords rythmiques barrés et les solos pentatoniques à l'unisson du chant. Cependant, la guitare est modernisée et accélérée pour répondre à la demande des jeunes. L'ancien style est abandonné ou transformé. La ville de Kidal elle-même a doublé sa population dans les 10 dernières années. Les chameaux ont été remplacés par des motos. « On dit que ma musique est chaude », explique Ahmed. « Peut-être que ma musique a pris le rythme d'une Sanili [moto chinoise] ».

La dernière chanson (« Azalamine ») marque toujours la fin de la soirée. C'est un rituel pour le groupe mais un changement dans la pratique habituelle – la chanson signale le moment où tout le monde peut venir sur la piste de danse. C'est un morceau frénétique et tous ceux qui ont attendu une occasion de danser pendant toute la soirée se précipitent sur la piste et dansent sauvagement en chantant. Quelques instants après la fin de la chanson, la foule se dirige vers la sortie et les motos démarrent, laissant un nuage de fumée dans leur sillage.

Sur la route

Nous partons précipitamment. Les quelques jours de préparation ont été très occupés, essayant de rassembler avec ce qu'on a sous la main un peu de matériel promotionnel pour le festival. Kidal a toutes les technologies disponibles, mais la variété et l'hétérogénéité des produits donnent l'impression qu'ils sont tombés d'un camion en transit plutôt qu'acheminés ici en vue de faire du commerce. Malgré tout, je grave quelques CD promotionnels et, avant d'avoir eu le temps de reprendre ma respiration, la Land Cruiser blanche m'attend au ralenti derrière la porte. Sautant à l'arrière du véhicule bondé, je rejoins le reste du groupe et noue hâtivement un chèche autour de ma tête pour leurrer d'éventuels kidnappeurs, alors que la voiture roule à toute allure à travers la ville, traverse le marché sous les regards curieux, puis les bidons d'essence qui marquent le dernier poste de police et nous voilà dans le désert.

Le groupe a été invité à jouer à un festival international à Tombouctou et j'ai été convié au titre de « manager », chargé des relations publiques pour le groupe. Du fait d'une sécurité assez fragile, je n'ai pas d'autorisation officielle pour le voyage et le gouverneur local s'est dégagé de toute responsabilité vis à vis de moi.

Nous roulons au milieu des montages puis du désert plat, le « tilemsi ». A un endroit précis, nous quittons la piste principale et bifurquons à travers une plaine sans relief, prenant un raccourci direct pour Tombouctou, alors que les corbeaux sahariens volent au dessus de nous. L'horizon ne devient rien d'autre qu'une ligne séparant 2 couleurs contrastées, le ciel et la terre. Nous roulons jusqu'à ce que le ciel soit sombre. Toutes les choses se parent d'un gris incolore, la plaine plate se peuple de squelettes d'arbres blancs. Nous décidons d'un arrêt auprès d'un arbre. Il y a des discussions en Tamashek. Le camion recule, s'arrête et une secousse soudaine le fait cogner l'arbre. Avec une efficacité militaire, le groupe saute du camion et commence à casser des branches pour un feu de bois.

La nuit, les étoiles remplissent le ciel. Tukken, notre chauffeur, est un ancien trafiquant du désert reconverti en agent des douanes. Un bon chauffeur est essentiel dans le désert, il connait de façon sûre les routes, les pistes inconnues et les déviations pour éviter les goulets d'étranglement, propices à d'éventuelles attaques de bandits. Il m'appelle à lui, me montre l'Etoile Polaire, connue ici par son nom arabe, Bil-hadi : « Toutes les étoiles vont se déplacer, sauf celle-ci. Si tu la suis, tu arriveras en Algérie. » Les autres constellations célèbres dans les connaissances populaires sont Shetahar «(« Les sept sœurs ») et Amanar (« Orion »). Amanar, dit-on, dessine la silhouette d'un homme tenant une takoba, l'épée touarègue traditionnelle. Grand guerrier, il fut placé dans le ciel après un conflit avec la Terre. Les membres du groupe ont choisi ce nom en référence à leurs débuts quand ils n'avaient d'autres moments que la nuit pour répéter, à la périphérie de la ville, jusqu'à ce que la constellation apparaisse. « Quand le soleil se couche et qu'Amanar n'est pas dans le ciel, 40 jours vont passer. Et alors la pluie viendra. » Avant que nous nous couchions, un vent froid se met à souffler.

Le jour suivant, nous arrivons à Tombouctou et atteignons le site du festival à la nuit tombée. Les tentes et la scène ont été placées dans une zone à la périphérie de la ville, au milieu des dunes de sable. Tukken se bat pour se désensabler. Nous sortons nos affaires et descendons la dune en direction des tentes en toile blanche réservées aux artistes, épuisés par ce trajet de deux jours – et un peu abasourdis par les lumières et par la foule du festival qui commence à transformer ce petit endroit du désert en rendez-vous international. Nous cherchons du bois pour le feu et n’en trouvant pas, Tukken arrache et brise l'un des piquets en bois surplombant la tente. Il marche dans les allées en cassant les tentes puis revient et jette sur le sol un petit tas de bâtons, alors que les membres du groupe rient doucement.

Nous faisons un petit feu derrière la tente et faisons bouillir le thé à la belle étoile, dans les cliquetis de métal de la scène qui est en train d'être montée. Un jeune français avec une queue de cheval vient vers nous avec une grosse caméra. « Hey ! », crie Tukken, « Tu n'as pas le droit de nous filmer ! » L'homme rebrousse chemin en bafouillant des excuses. « Non, attends, Tukken – c'est bon. » Je cours pour rattraper le cameraman et me présente ainsi que le groupe « Voici le groupe Amanar... »

Chargé d'être le « manager », j'essaie de leur expliquer le rôle des relations publiques. Ahmed rie. « C'est bien que tu sois là, parce que je ne vais pas pourchasser tous les étrangers du coin ». Un jugement juste. Pendant le festival, j'ai été frappé par cette dualité. Amanar, tout habillé de blanc, jouait pour la première fois sous les spots d'une grande scène, acclamé par la foule d'Européens et sous les crépitements des flashs de milliers d'appareils photos. Mais deux jours plus tard, nous serions de retour dans le camion, en direction de Kidal pour un accueil de retour chaleureux. Pour Ahmed, il est clair que sa musique est prioritairement pour les Tamashek, un outil pour parler à son peuple. « C'est bien d'aller de par le monde », dit Ahmed, « mais si j'ai assez d'argent, je resterai à Kidal, dans mon désert. »




L'auteur

Christopher Kirkley, écrivain américain en freelance, pratique la « guérilla ethnomusicologique ». Son travail et ses enregistrements sont consultables sur son site, sahelsounds.com .

 

Du même auteur
-

 

Pour proposer un texte : cliquez ici

 

Newsletter

Inscrivez-vous à notre mailing-list pour recevoir nos news par email




Avec le soutien de